La CNA exprime son inquiétude pour la défense des réfugiés.

La CNA entend une rumeur qui grandit et qui pointe du doigt des avocats qui défendraient des réfugiés, entrés illégalement sur le territoire, en dénonçant selon elle, une dérive tenant à l’utilisation des deniers publics, liée à l’aide juridictionnelle, pour défendre de manière « juteuse » des personnes qui ne seraient sans doute pas dignes, d’être prises en charge par des avocats.

La CNA exprime une vive inquiétude face à l’expression d’une dictature qui voudrait créer une liste de personnes indéfendables et non dignes d’une défense construite par un homme de robe dont le serment s’attache à défendre tout individu avec dignité, conscience et humanité.

La CNA réaffirme cette évidence qui est l’honneur de la profession d’avocat et qui fait que dans l’histoire, elle s’est élevée contre les puissants, contre le pouvoir, contre l’Etat et contre les facettes d’une société qui voulait oublier l’humain au sein du prétoire. C’est encore l’avocat qui utilise la procédure pour éviter les abus de droit, les erreurs judiciaires, les manquements aux droits de la défense, les accrocs aux droits fondamentaux attachés à chaque individu.

La CNA condamne ces choix qui s’apparentent à un statut d’apatride du droit pour des personnes déjà en manque de libertés, poursuivis dans leurs pays ou simplement en situation de souffrance, de privation, connaissant la violence, la discrimination, dans leur pays d’origine.

La CNA redoute l’interrogation sur l’origine des honoraires dans les trafics de toute nature, face à un État qui trouve plus facile de sanctionner les consommateurs que les trafiquants, de contrôler les acteurs du droit plutôt que les créateurs de structures d’écoulement du produit des entreprises frauduleuses et n’a rien fait sur la disparition des paradis fiscaux.

La CNA interpelle les institutions sur cette question et demande une action rapide, efficace et déterminante pour donner aux avocats les garanties nécessaires leur permettant d’assurer en toute sécurité, suivant la légitimité que la loi leur reconnaît et que l’histoire leur a donnée, leur mission de défense.

La CNA demande à l’État de garantir au profit de l’avocat, l’expression de la défense de tous, sans discrimination, sans limitation.

 

Paris, le 16 avril 2026
Michel Avenas
Président de la Confédération Nationale des Avocats

Partagez cet article